LES  VERGERS  DE  MOTHOIS

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Moutons et vergers, un exemple de synergie


L'élevage ovin était considéré comme incompatible avec la production cidricole en vergers basse-tige car les moutons mangent l'écorce des pommiers.  
 mouton et verger
Depuis plus de dix ans nous avons observé et expérimenté le pâturage sous verger de pommiers à cidre basse-tige avec des brebis croisées Texel / Suffolk conduites en plein air intégral.
Depuis deux ans 43 ha de verger sont pâturés toute l'année en plus des 65 ha de prairies.
Ce sont plus de mille moutons qui pâturent en mai et juin à l'ombre des arbres.

Et contrairement aux idées reçues, il n'est pas indispensable d'utiliser la race Shropshire (réputée pour ne pas s'attaquer aux écorces), il suffit de
respecter quelques règles simples :

1 - L'herbe doit être abondante et de qualité sous les arbres.
2 - La rotation doit être rapide entre les parcelles (une semaine maximum).
3 - Les arbres doivent être adultes (autour de 10 ans) leur écorce étant moins appétente.
4 - Les animaux doivent avoir des minéraux à disposition.

Il faut disposer de surfaces de dégagement pour les animaux pendant la récolte et en cas de manque d'herbe.
Les agnelles et agneaux peuvent pâturer les jeunes vergers à partir de la 4ème année, leur dentition est inadaptée pour attaquer l'écorce. Les arbres doivent être suffisamment forts pour résister aux frottements des animaux.
Les moutons vont manger les feuilles jusqu'à une hauteur de 1m20, ce qui est compatible avec cette structure de verger. 

On comprend que c'est en cas de carence alimentaire que les moutons s'attaquent aux arbres.

La synergie entre élevage et arboriculture est très intéressante car les deux productions se cumulent sur une même surface sans se concurrencer.

Les moutons profitent d'une herbe de qualité équivalente à celle des prairies et apprécient l'ombre des arbres en été.
Les pommes tombées précocement ou restées au sol après la récolte sont consommées sans danger.

Le verger n'a plus besoin d'être tondu ni desherbé (trois à quatre opérations par an économisées).
Le pâturage exporte des éléments minéraux mais contribue à l'activité biologique du sol.
La consommation des pommes tombées en été participe à la limitation du carpocapse.
Le piétinement stabilise le sol et facilite la récolte mécanique des pommes.
En absence de désherbage chimique, les fruits tombent à la récolte dans l'herbe sans contact avec la terre, ce qui améliore leur propreté et leur conservation.

L'élimination des feuilles tombées par consommation ou piétinement contribue à limiter la tavelure.
D'autres intérêts du pâturage pour les pommiers sont à vérifier comme la limitation des cochenilles.

En retirant les animaux un mois avant la récolte on ne retrouve pas de déjections dans les pommes récoltées au sol.

Cette expérience a été menée avec succès dans le pays de Bray où l'herbe est de qualité, ce sera peut être moins vrai dans un autre contexte.




Bilan azoté du pâturage dans un verger.


Avec 65 ha de prairies permanentes et 43 ha de vergers, ce sont 550 agneaux élevés sans autre aliment que l'herbe pâturée et le lait maternel. Les ventes ont lieu de juin à septembre dont les deux tiers sur les mois de juin et juillet à un âge moyen de quatre mois et 45 kg vif. 
On remplace 100 brebis par an avec des agnelles issues de la ferme.

La composition minérale d'un mammifère est environ de :
-  Oxygène   :  
65 %
-  Hydrogène  :  10 %
-  Carbone  :  18 %
-  Azote  :  3 %
-  Minéraux et Oligo éléments (dont Calcium)  :  4 %

Les quatre premiers éléments sont prélevés par les animaux (et les plantes consommées) dans l'atmosphère et l'eau, les autres dans le sol.
Les plantes fixent l'azote de l'air, surtout les légumineuses, ainsi le trèfle blanc est capable de fixer à lui seul 200 kg d'azote par hectare et par an.
10 % de trèfle dans l'herbe du verger fixe 20 kg d'azote par hectare et par an.

En élevage ovin viande, on exporte des agneaux vendus à environ 45 kg vif et des brebis.
Un agneau de 45 kg comporte 1,35 kg d'azote. 2,4 kg pour une brebis de 80 kg
Ramené à l'hectare de prairie pâturée on en déduit l'exportation d'azote liée au pâturage.
Le reste de l'azote consommé, est restitué au sol par les déjections.

Dans notre cas 100 brebis et 450 agneaux élevés sous la mère sur 65 ha de prairie et 43 ha de vergers constituent une exportation totale de 850 kg d'azote, soit moins de 8 kg d'Azote par hectare.


L'hivernage d'un troupeau de brebis dans un verger avec apport de fourrage représente une importation d'azote disponible au printemps.

Cet hiver 320 brebis ont passé un mois sur 22 ha de verger avec 400 kg de foin par jour.
Ce foin comporte environ 2,5 % d'azote, soit 10 kg par jour.
L'apport d'azote est de 300 kg soit 13,6 kg par ha.

Le bilan azoté annuel est donc à peu près neutre avec un apport de 5,7 kg d'azote par ha.

            Exportations         7,9 kg/ha.
            Importation        13,6 kg/ha
            Bilan                    5,7 kg/ha

Ceci est à comparer avec
les 50 à 100 kg d'azote par hectare et par an que le verger reçoit sous forme d'engrais suivant la charge de fruits.